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Les actions de soutien aux médias en Afrique centrale. Enjeux et perspectives |
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Pascal Berqué, Responsable du programme DRIM - Afrique centrale
L'Institut Panos Paris s'est surtout fait connaître par son action en Afrique de l'ouest en faveur de l'appui au pluralisme des médias. En pleine phase avec les processus de démocratisation des années 90 et après trente années de post-indépendance où information médiatique rimait avec monopole étatique, l'émergence de médias privés y a fortement renouvelé l'espace de la liberté d'expression. Dans les seize pays de la CEDEA, LA Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, nous avons, à travers notre programme Médias pour une Afrique de l'ouest démocratique accompagné les mutations de ces jeunes médias et les défis successifs de l'instauration d'une information pluraliste : L'INSTITUT PANOS PARIS ET L' AFRIQUE CENTRALE OU COMMENT APPUYER DES MÉDIAS POUR LA DÉMOCRATIE ! Notre implication en Afrique centrale résulte d'un cheminement progressif qui nous a permis de connaître et mieux comprendre les besoins et les spécificités du secteur. Deux programmesParallèlement à cette enquête régionale nous avons organisé deux colloques régionaux correspondant à nos deux axes d'action : la promotion du pluralisme des médias et la place et le rôle des médias dans les conflits.Tout d'abord A Accra, en avril 1999 l'atelier " Des médias pour la paix en Afrique : comment les soutenir et les renforcer ? " Ensuite à Yaoundé, en juin 1999, le colloque régional : DES MÉDIAS PLURALISTES EN AFRIQUE CENTRALE, POUR LA DÉMOCRATIE ET LA PAIX, COMMENT ? Organisé avec la collaboration de l'ESSTIC, l'École Supérieure des Sciences et Techniques de l'Information et de la Communication de Yaoundé, et de L'UEPAC, l'Union des Editeurs de Presse d'Afrique Centrale. Les recommandations et attentes, adressées lors de ces deux rencontres aux pouvoirs publics, aux partenaires internationaux et à la profession, ont servi de fil directeur à la mise au point des deux programmes Droits et Renforcements Institutionnels des Médias en Afrique centrale DRIM * AFRIQUE CENTRALE, et Médias pour la paix . L'enjeu majeur est de permettre l'émergence et la pérennisation de sources d'information pluralistes au service des nécessaires démocratisations en cours et à venir. Une approche régionaleLes premières phases de ces deux programmes se déroulent sur trois ans de 2001 à fin 2003 et s'inscrivent dans une optique clairement régionale et inter régionale. Dès 2001 l'animation en est confiée à des coordinateurs basés, à N'Djaména, Yaoundé et Kinshasa avec compétence pour les pays voisins. Ces coordinateurs seront amenés à mettre en oeuvre certaines activités communes avec les bureaux de Panos Lusaka, Kampala et Dakar.Cinq axes directeurs guident et inspirent les activités de ces deux programmes
Catégories d'activitéNous nous proposons de décliner ces cinq axes principaux selon les catégories d'activités suivantes :PLAIDOYER & LOBBYING
L'APPUI INSTITUTIONNELIl s'adresse essentiellement, sous forme de conseil technique et/ou d'appui financier, aux associations professionnelles nationales et régionales et aux médias associatifs. On y favorise :
L'APPUI À LA PRODUCTION ET À LA CIRCULATION DE CONTENUS MÉDIATIQUES
VEILLE & ALERTELe programme MPA privilégiera la création d'un centre régional de ressources et de veille sur l'information en temps de conflits (CERRVIC)RECHERCHE & PUBLICATIONS
Moyens mobilisésLes premiers engagements financiers indispensables à la mise en oeuvre de ces deux programmes, couvrent la période 2001 à 2003. Ils proviennent de la Communauté européenne, dans le cadre de l'Initiative Européenne pour la Démocratie et les Droits de l'Homme, de l'Ong néerlandaise CORDAID, de la coopération suédoise, du CCFD. Un accord est en cours de finalisation avec le ministère français des Affaires étrangères. Enfin des échanges se poursuivent avec les bailleurs de fonds "historiques" de l'Institut Panos Paris, c'est à dire ceux ayant appuyé de façon pluriannuelle nos activités en Afrique de l'ouest, à savoir les coopérations bilatérales d'Europe du Nord et les fondations privées nord américaines.PertinenceIl nous semble que la pertinence d'un tel programme d'aide au secteur des médias repose sur plusieurs considérations & paramètres :LA CONNAISSANCE ENTRE CONFRÈRES ET PARTENAIRES DE NOS ACTIONS RESPECTIVES D'APPUI.Dans la période actuelle de relance des coopérations bi & multi latérales avec la RDC, il faut absolument développer une concertation suivie entre opérateurs et partenaires internationaux et nationaux afin de définir des actions d'appui complémentaires et non redondantes. Des projets voient le jour ou sont en attente de réponse. Un exemple le projet d'appui à la presse écrite développé par le GRET en RDC.LA SOLIDITÉ DES ENGAGEMENTS FINANCIERSIl convient de mobiliser un engagement financier de la communauté internationale qui ne soit pas un simple " saupoudrage " mais au contraire s'inscrive dans une démarche forte et volontaire de développement durable. Timothy Balding, directeur général de l'AMJ dénonce dans un article récent Liberté de la presse, dix ans plus tard, je cite : que ce soit dans l'ancien bloc soviétique ou en Afrique, la communauté internationale a lamentablement échoué à investir de manière efficace dans la construction d'une presse forte et indépendante (..°) . A la place du plan Marshall que la presse et les organisations internationales comme l'AMJ, ont proposé il y a dix ans , il n'y a eu que très peu d'aide aux projets de développement de la presse indépendante. Fin de citation. Question : que nous réservent les prochaines années ? Notamment en RDC .UNE " VEILLE " ET UNE RÉACTIVITÉ AUX INITIATIVES LOCALESUn programme n'est pas figé. Il doit anticiper et savoir accompagner les évolutions en cours. Il n'est pas question de se substituer aux acteurs du secteur mais plutôt d'encourager leurs démarches collectives. C'est pourquoi en RDC nous serons sensibles au devenir d'initiatives comme l'ARCO, Fopromedias, officiellement lancé hier, mercredi 13 juin à Kinshasa, et plus largement à tout ce qui contribue à un renforcement du secteur professionnel.UNE SOLIDARITÉ SANS FAILLE AUX DÉFENSEURS DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ET DES PROFESSIONNELS DES MÉDIAS .C'est le cas en RDC, de l'association Jed, Journalistes en danger, particulièrement sollicitée ces derniers mois et avec laquelle l'Institut Panos Paris va développer des collaborations . L'usage d'Internet renouvelle la donne . HERVé BOURGES (Alger, 4èmes journées de la presse arabe francophone) soulignait il n'est plus possible aujourd'hui de contraindre au silence un journaliste, ou de l'étouffer sans bruit en le privant de relations avec l'extérieur. La mondialisation des communications, c'est aussi l'impossibilité pour un Etat de faire régner l'omerta sicilienne...Dont acte, JED en est un exemple criant .RESTER MODESTE ET À L'ÉCOUTE DES PARTENAIRESFace aux enjeux et aux besoins il convient de rester modeste dans l'appréciation de nos capacités à renforcer rapidement des médias pluralistes et professionnels. Il n'est pas possible de répondre de façon exhaustive aux multiples attentes des milieux médiatiques d'Afrique centrale. Mais il convient de soutenir leurs efforts organisationnels, économiques et déontologiques pour créer des espaces de débat et de dissémination des idéaux démocratiques et de respects des droits de l'homme. Pour cela il faut un soutien résolu de la communauté internationale, tout en sachant, comme le remarque Jean Paul MARTHOZ, dans son ouvrage " ET MAINTENANT, LE MONDE EN BREF ", je cite : que l'appui aux médias indépendants est un exercice futile s'il se confond - ou coïncide - avec des programmes d'ajustement structurel socialement irresponsables et s'il ne s'accompagne pas d'une politique globale d'aide au développement.[1] Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République Démocratique du Congo (RDC), Rwanda, Tchad. |