26 décembre 2003

FOCUS AFRIQUE CENTRALE

RDC : JED publie son rapport annuel et lance une campagne nationale pour la dépénalisation des délits de presse

Globalement, JED a enregistré, en 2003, 66 cas d’atteintes à la liberté d’informer et d’être informé. En 2002, le chiffre global était de 67 cas d’attaque contre la liberté de la presse. C’est la première fois, depuis 1998, que la RDC commémore l’anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sans journaliste en prison.

Juste après la présentation du Rapport 2003, le président de JED a lancé une campagne nationale pour la dépénalisation des délits de presse en RDC. Celle –ci va aller du 10 décembre 2003 au 3 mai 2004 et connaîtra plusieurs activités dont un atelier, en janvier à Kinshasa, sur « Pourquoi et comment dépénaliser les délits de presse en RDC », un concours de la caricature à l’intention des élèves de Kinshasa, une tournée théâtrale dans les communes de Kinshasa et une caravane motorisée suivie d’un concert public. Un spot, des affiches, banderoles et des messages seront diffusés à partir de mercredi 10 décembre à travers la RDC. L’objectif principal de cette campagne est « d’obtenir du législateur congolais la suppression des peines d’emprisonnement pour délit de presse autre que les incitations à la haine ethnique ou raciale, à la violence et au crime ».

Source : Journaliste en danger (9 décembre 2003)


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Séminaire sur l'autorégulation : recommandations pour redorer l'image du journaliste congolais

Un séminaire financé par Konrad Adenauer et l'Union européenne à l'inititive de l'Ifasic s'est clôturé avec une dizaine de recommandations. Le thème principal de ces journées était "Journalistes congolais et l'autorégulation de leur profession à l'heure de la Haute Autorité des Médias". Les participants ont formulé 13 recommandations.

Ils exigent notamment que soit réactivée la commission de discipline pour sanctionner les fautes d'éthique et de déontologie.  La nécessité de création d'un observatoire d'éthique et de déontologie est vivement souhaitée par la profession. Il est aussi demandé au Président de la HAM, au Président de la future Union des journalistes et aux ONG de défense de la liberté de la presse d'engager une action de lobbying auprès du sénat afin que l'instance de régulation de la IIIème République soit débarrassée de la tutelle politicienne; Il a aussi été question que l'Association qui sera issue du congrès, fut-elle l'UPC, opère comme une superstructure capable enfin d'encadrer et surtout d'identifier les journalistes. Ne doit plus devenir journaliste qui veut.




Source : Le Phare (Kinshasa- 8 Décembre 2003)

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Congrès national de la presse : installation d'un Comité préparatoire

Lentement mais sûrement, on s'achemine vers la tenue effective du Congrès national de la presse. Le 1er décembre 2003, le ministre de la Presse et Information Vital Kamerhe a présenté et installé ce comité fort de 30 membres, triés aussi bien parmi les têtes couronnées de la presse nationale que les jeunes professionnels chevronnés, sans oublier des personnalités issues du monde universitaire. A titre indicatif, Stéphane Kitutu O'Leontwa à qui revient la présidence, Lucien Tshimpumpu, Polydor-Fortunat Muboyayi, Celestin Kabala, Mutiri wa Bashara, Boucard Kasonga Tshilunde, Donnat M'baya, Banza Tiefolo.

Prenant la parole le premier, le président de la Haute autorité des médias Modeste Mutinga Mutuishayi a indiqué qu'après les Congrès de 1980, de 1989 et les Etats généraux de la presse de 1995 qui ont abouti à l'organisation globale de l'espace médiatique du pays, l'histoire de la RDC vient de donner encore une fois l'opportunité aux professionnels de réflechir sur la marche de leur corporation. Ce, au travers du Congrès prévu pour février 2004.

Pour Modeste Mutinga, la Haute autorité des médias qui accorde sa caution morale, politique et financière à ce congrès estime qu 'il est de son devoir de donner quelques pistes à explorer au cours de ces assises. Entre autres l'on attend fermement que ce congrès débouche sur la création d'une instance de régulation, c'est-à-dire un Observatoire d'éthique et de déontologie voulu comme un tribunal d'honneur, où le journaliste sera jugé par ses pairs.

Ce qui permettra de voir la dépénalisation des délits de presse n'être possible que quand le journaliste acceptera le verdict de ce tribunal, a expliqué Modeste Mutinga pour qui les dérapages souvent déplorés autant dans le chef des journalistes attestent que la corporation est envahie par ce qu'il a qualifiés de "moutons noirs".




Source : Le Phare (Kinshasa- 2 Décembre 2003)

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Les journaux indépendants créent une association

32 journaux privés de la République Démocratique du Congo ont formé une nouvelle association professionnelle pour essayer d'obtenir de meilleures conditions de régulation et de marché. Cette association, baptisée "Collectif des Journaux Indépendants" (CJI), projette de faire de faire immédiatement pression contre les règlementations gouvernementales qui exigent que toutes les publications paient des frais d'enregistrement auprès du Ministère de l'information de la RDC.
Gustave Kalenga, président du CJI et rédacteur en chef du journal "La Flamme" de Kinshasa, a déclaré que la nouvelle association avait fait de la campagne contre les frais d'enregistrement une priorité, après que le ministre adjoint de l'information, José Engbanda, eut annoncé que le gouvernement introduirait prochainement de nouvelles mesures pour fermer les publications non enregistrées.
L'association envisage par ailleurs une campagne de marketing et de recherche pour convaincre les annonceurs que cela vaut la peine d'utiliser les médias indépendants. Elle cherchera également à offrir une formation technique aux journalistes indépendants, et fera du lobbying pour obtenir des subventions du gouvernement et des donateurs afin d'assurer la viabilité des médias indépendants.


Source : Rap 21

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La RTMV reprend ses émissions après six mois de silence

La RTMV (Radiotélévision Message de Vie), chaîne confessionnelle privée émettant à Kinshasa et propriété de l’ Eglise Armée de la Victoire du pasteur Kuthino Fernando, a repris ses émissions depuis dimanche 14 décembre 2003 après six mois de silence imposé.

La RTMV avait été réduite au silence le mardi 10 juin 2003. Des éléments de la Police nationale congolaise en tenue civile avaient envahi le siège de l'Eglise Armée de victoire et siège de la radio à Kinshasa/Kasa-Vubu et se sont attaqués au pasteur Kuthino qui tenait une assemblée générale d'un mouvement politico-religieux qu'il venait de lancer depuis un mois dénommé "Sauvons le Congo".

La RTMV était devenue, dès le mois de mai 2003, la chaîne la plus suivie de Kinshasa depuis que son propriétaire, le pasteur Kuthino, a lancé son mouvement politico-religieux.

Source : Journaliste en danger (15 décembre 2003)


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Une radio privée menacée de fermeture à Bunia dans le district de l’ Ituri

Canal Révélation, une radio communautaire émettant à Bunia, chef-lieu du district de l’Ituri dans la Province Orientale (Nord-Est de la RD Congo) est menacée de fermeture à partir du mardi 16 décembre 2003 si elle ne paie pas la somme de 530 USD au poste local de l’ANR (Agence Nationale de Renseignement) pour l’obtention d’une autorisation de fonctionnement et une pénalité pour fonctionnement illégal.

Richard Pituwa, directeur de Canal Révélation a été convoqué, les 10 et 11 décembre 2003 par M. Willy Bangwelo, responsable local de l’ANR à Bunia qui lui reproche d’opérer dans l’illégalité parce que n’ayant pas obtenu une attestation de conformité de l’ANR. Pour se mettre en règle, l’ANR/Bunia exige le paiement de 30 USD pour l’ouverture du dossier et une taxe de 500 USD renouvelable chaque année pour l’attestation de conformité. A défaut de payer, l’ANR/Bunia a promis de fermer la radio à dater de mardi 16 décembre 2003.

JED considère que les exigences de l’ANR/Bunia sortent du cadre légal défini par la loi N° 96/002 du 22 juin 1996 portant exercice de la liberté de la presse en RD Congo. Dans cette loi, nulle part il est donné mandat à l’ANR de délivrer des autorisations de fonctionnement aux médias. Cette tâche revient au Ministère de l’Information et Presse.

Source : Journaliste en danger (15 décembre 2003

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Un journaliste agressé par des militaires à Goma dans le Nord-Kivu

Matthieu Kalume, journaliste et producteur d'une émission sur la jeunesse à l'antenne provinciale de la RTNC/Goma (Radiotélévision nationale congolaise, chaîne publique), a été agressé à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu sous administration de l'ex-mouvement rebelle RCD/Goma, le mardi 4 novembre 2003, alors qu'il revenait du service par deux militaires en uniforme et armés apparemment commis à la protection du site qui abrite la station de radio et des antennes des sociétés privées de télécommunications cellulaires.


Source : Journaliste en danger (7novembre 2003)

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Robert Sebufilira, directeur de publication de l'hebdomadaire indépendant Umuseso, a été arrêté le 19 novembre 2003, près de la frontières ougandaise. Le journaliste s'était rendu sur place pour récupérer les quatre mille exemplaires de la dernière édition de l'hebdomadaire, imprimé en Ouganda, pour des raisons économiques. Il a immédiatement été transféré au Département d'investigations criminelles (CID) de Kigali.

Le lendemain, Mc Dowell Kalisa, l'adjoint de M. Sebufilira, ainsi que trois autres collaborateurs du journal, se sont rendus au CID pour s'enquérir de la situation de leur directeur. Les quatre hommes ont été aussitôt interpellés.

Selon des témoins, il semble que ces arrestations soient liées à la publication dans Umuseso d'un article faisant état d'un "projet de démobilisation" du général-major Kayumba Nyamwasa, ancien chef d'état-major de l'armée et actuel directeur du Service national de sécurité.

Les responsables d'Umuseso ont été remis en liberté le 21 novembre à Kigali. Aucune charge n'a été retenue contre eux. Les 4 000 exemplaires du journal saisis n'ont pas été restitués.



Source : Reporters sans frontières

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Prison à vie pour deux ex-responsables de la RTLM

Deux anciens responsables de médias rwandais ont été condamnés à la prison à vie et un troisième à 35 ans de prison par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ferdinand Nahimana, un des fondateurs et responsables de Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) et Hassan Ngeze, ancien directeur et rédacteur en chef de la revue extrémiste Kangura ont été condamnés à la prison à perpétuité, peine maximale au TPIR, tandis que leur co-accusé, Jean Bosco Barayagwiza, un autre fondateur de la RTLM, a été condamné à 35 ans de prison.

Tous ont été reconnus coupables d'entente en vue de commettre le génocide, de génocide, d'incitation publique et directe à commettre le génocide, de crimes contre l'humanité (extermination et persécution). Le Tribunal les a par ailleurs acquitté du chef de complicité dans le génocide et de divers chefs de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre.

Barayagwiza a échappé à la peine maximale suite aux vices de procédure qui ont entaché son arrestation et sa détention provisoire. La chambre d'appel du TPIR, dans un arrêt de mars 2000, avait ordonné que si jamais il était déclaré coupable au terme de son jugement en première instance, il devrait bénéficier d'une réduction de la peine, compte tenu de ces violations de ses droits. Le jugement indique que les huit ans qu'il vient de passer en détention seront déduits de sa peine.

"Vous étiez un universitaire de renom, professeur d'histoire à luniversité nationale du Rwanda. Vous étiez directeur de l'Office Rwandais de l'information et fondateur de la RTLM.[ ] Vous étiez pleinement au courant de la puissance des mots, vous avez utilisé la radio-le média de communication qui atteint le plus grand nombre de gens-pour propager la haine et la violence", a indiqué la présidente de la chambre, la Sud- africaine Navanethem Pillay, à l'adresse de Nahimana.

S'adressant à Hassan Ngeze, la juge Pillay a déclaré "au lieu d'utiliser votre média pour promouvoir les droits de lhomme, vous l'avez utilisé pour attaquer et détruire ces droits". La juge a ajouté: "vous avez empoisonné les esprits de vos lecteurs, et, par les mots et les actes, causé la mort de milliers de civils innocents."

Jean Bosco Barayagwiza, qui a boycotté tout le procès, n'était pas présent dans le prétoire.

"Jean Bosco Barayagwiza et Ferdinand Nahimana étaient responsables de la ligne éditoriale de la RTLM mais ils n'ont rien fait pour empêcher la radio de devenir cette machine de guerre et de génocide", a indiqué la juge Pillay. La juge a décrit la RTLM comme "une radio dangereuse et nocive" et elle a relevé "le rire sarcastique, et le ricanement" de cette radio.

"La RTLM a développé des clichés ethniques qui ont eu pour effet de promouvoir le mépris et la haine contre les Tutsis", a poursuivi la juge.

Parlant de Kangura, la juge Pillay a affirmé que cette publication a été "le pavé qui a ouvert la voie au génocide, en entraînant la population hutue dans une folie meurtrière". "Les articles de Kangura véhiculaient le mépris et la haine contre les Tutsis et en particulier contre les femmes tutsies présentées par le journal comme des femmes fatales", a estimé la chambre.



Source :  Hirondelle News Agency (3 Décembre 2003)

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